BD, Tome I, Visite de M. le Maréchal de Mac-Mahon, président de la République, pages 31 à 63, La Diana, Juillet 1877 – Juillet 1878.

 

JUILLET 1877-JUILLET 1878

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BULLETIN DE LA DIANA

(N° 3)

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I.

Visite de M. le maréchal Mac-Mahon, président de la republique, à la salle de la Diana.

Le 4 septembre 1877, à six heures du matin M. le Maréchal de Mac-Mahon, traversant la ville de Montbrison pour aller à Boîn assister aux grandes manúuvres militaires dans la plaine du Forez, après avoir visité l’église Notre-Dame, s’est arrêté quelques instants dans la salle de la Diana.

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(1) Le bulletin n• 2, quoique portant en tête année 1876, contenait en réalité, l’extrait des décisions du conseil d’administration pendant la première moitié de l’année 1877. L’excursion de St-Bonnet ayant motivé l’envoi de notes. Etendues de la part d’un certain nombre de sociétaires le compte-rendu de cette excursion n’a pu être déposé à temps pour l’impression de ce fascicule. Il fera l’objet du prochain fascicule qui paraîtra incessamment.

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Il a été reçu par le président, les membres du bureau et ceux des membres de la Société qui avaient pu être prévenus à temps.

M. Testenoire-Lafayette président lui a adressé l’allocution suivante :

“ Monsieur le Maréchal,
“ C’est un grand honneur pour le Forez que celui de vous recevoir dans l’ancienne salle de ses Etats. Les écussons dont cette voute a été décorée, il y aura bientôt six cents ans, sont les armoiries de nobles chevaliers, qui furent de vaillants soldats de la France. Eux ou leurs pères avaient porté au delà des mers la gloire de nos armes et le prestige du nom français. Leurs fils disputèrent pied à pied aux anglais le sol de notre patrie, défendirent contre eux Poitiers et Bourges et les arrêtèrent aux limites mêmes du Forez.
“ La Société de la Diana, fondée dans ce monument dont elle a pris le nom, a pour tâche de sauver de la destruction et de l’oubli les traces et les titres de ce glorieux passé, et ce n’est pas sans émotion qu’elle le rappelle aujourd’hui devant l’illustre guerrier qui a su maintenir si haut l’honneur de la France dans ses victoires, comme dans ses revers. Puisse la divine Providence, soutenant et aidant votre patriotique courage, donner ànotre chère France, des jours heureux et tranquilles, propices aux calmes études de la paix.
“ Vive la France, Vive le Maréchal ! ”

M. le Maréchal a parcouru la salle, a examiné attentivement la décoration et la voûte armoriée et adressé à ce sujet quelques questions aux membres présents puis il a reçu des mains du président la pétition suivante :

“ Monsieur le Maréchal,
“ La salle héraldique de la Diana, que vous nous avez fait l’honneur insigne de visiter, servait à la réunion des Etats de la province de Forez à Montbrison ; elle a été construite vers l’an 1300, par les ordres de Jean Ier, Comte de Forez. A sa voûte sont peintes ses armes, celles des principales familles alliées à la sienne et celles des Seigneurs possesseurs de fiefs dans la province ; c’est la plus ancienne des salles héraldiques provinciales de France, et les précieuses indications de ses blasons ont éclairci et élucideront encore des points importants de l’histoire.
Vendue à vil prix pendant la révolution et dégradée par les usages auxquels on l’avait fait servir, elle a été restaurée et remise en son état primitif sous la direction de M. Viollet-Leduc par les soins et sous l’initiative de la Société historique et archéologique du Forez qui s’est appelée de son nom Société de la Diana.
Une seule chose manque à son élégante façade; la pierre qui en termine, le fronton attend une statue, celle du Comte Jean Ier. Ce prince est digne, de cet honneur. Il a été pendant cinquante cinq ans Comte de Forez, et pendant cette longue carrière, il a rendu des services signalés à sa province et à la France.
En 1290, douze ans après son avènement, il confirma la charte d’affranchissement de Montbrison.
En 1296 il se faisait remarquer en assiégeant la ville de Lille à côté de son roi Philippe le Bel, et en combattant vaillamment les Flamands.
En 1311, il fut l’agent le plus actîf de la réunion de Lyon au royaume de France.
En 1314, il fut le gardien du conclave où fut élu le Pape Jean XXII.
La Société de la Diana a exprimé plusieurs fois son désir de rendre cet hommage au fondateur de cet édifice, et elle l’aurait fait déjà, si les charges nombreuses de son organisation le lui eussent permis.
Elle serait heureuse de devoir cette úuvre d’art à la munificence de votre gouvernement ; le prince à qui surtout est due l’acquisition, d’un joyau tel que la ville de Lyon, n’a-t-il pas mérité de la France cette marque tardive mais juste de reconnaissance ?
La Société de la Diana vous en exprime le voeu et vous prie, Monsieur le Maréchal, d’agréer l’hommage de son plus profond respect. ”


Après avoir promis un examen bienveillant de la demande qui lui était remise, M. le Maréchal de Mac-Mahon est remonté dans sa voiture aux acclamations unanimes de l’assistance.

II.

Fouilles à Moind.

Le 16 février 1878, M. le président, appelé d’urgence à Montbrison à l’occasion de la découverte faite à Moind de fragments d’inscription, de sculptures ornementales, et de constructions antiques, a réuni les membres du bureau habitant la ville et a visité avec eux ces fouilles intéressantes. On avait mis à jour de nombreux débris de marbres variés, un grand et beau chapiteau en pierre, et divers morceaux d’une table, de marbre blanc, contenant partie d’une inscription. latine gravée en caractères augustaux de la meilleure époque, où, entr’autres mots, on lit : S E G V S I….., qui est évidemment le commencement du nom des Ségusiaves.

Les membres présents ont décidé sur le champ de faire continuer les fouilles au nom de la Société et, pour cela, M. le président, avec le concours de M. Clavelloux, maire et de M. Bufferne, instituteur communal de Moind, a traité mmédiatement avec le propriétaire du terrain, pour poursuivre ces recherches.

III.

Réunion du Conseil d’administration tenu le 4 avril 1878.

Ce jour-là, le Conseil d’administration s’est réuni à dix heures du matin dans la salle de la Diana ; il a arrêté l’ordre du jour de l’assemblée générale et discuté les questions qui devaient y être portées.

M. le président a ensuite communiqué au Conseil les deux pièces suivantes :

1° Délibération du Conseil municipal de la ville de Montbrison du 14 avril 1878, portant :

“ Le Conseil, vu l’art. 1er de la loi: du 21 nivôse an II, lequel est ainsi conçu :

Les inscriptions de tous les monuments publics seront désormais en langue française.

Arrête que les deux plaques en marbre noir, placées sur la façade de la salle de la Diana contenant des inscriptions latines, seront remplacées par deux autres qui porteront les inscriptions suivantes :

La premère : Bibliothèque de la ville de Montbrison ;

La deuxième : Diana, avec la date de l’érection du monument et celle de la restauration.

2° Lettre du président de la Diana à M. le Maire de Montbrison :

“ St-Etienne, le 16 mars 1878.

“ Monsieur le Maire,

“ J’ai l’honneur de vous accuser réception de l’extrait, que vous m’avez transmis, de la délibération prise par le Conseil municipal de Montbrison le 14 février dernier, par laquelle il a arrêté que les deux plaques en marbre noir, placées sur la façade de la Diana, contenant des inscriptions latines, seraient remplacées par deux autres portant des inscriptions indiquées dans la délibération.
La salle de la Diana, appartenant pour la nu-propriété à la ville de Montbrison et pour la jouissance à la Société de la Diana, les changements quelconques à faire à l’immeuble doivent être concertés d’un commun accord entre les deux intéressés.
Il est donc nécessaire de s’en entendre.
A notre première réunion, qui sera prochaine, je provoquerai la nomination de délégués de la Diana, qui se mettront à votre disposition pour en conférer.
Les bons rapports qui ont marqué les derniers arrangements entre la ville de Montbrison et la Société de la Diana, dont les intérêts sont communs et non divergents, me font espérer que, dans la circonstance présente aussi, l’entente, sera facile.
Agréez M. le Maire, etc.
“ Le Président,
“ Signé : Testenoire-Lafayette. ”

Le Conseil administratif de la Diana a donné son approbation sans réserves aux vues exprimées et à la conduite tenue par M. le Président, et, sur sa demande formelle d’être assisté de deux délégués pour traiter cette question avec la ville, a désigné à cet effet MM. Octave de Viry et Edouard Jeannez. (1)

Dans la séance du 15 janvier 1877, le conseil avait offert à Monseigneur l’Archevêque de Lyonqui a bien voulu l’accepter, le titre, de Président honoraire de la Société de la Diana.

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(1) Ce vote du Conseil d’administration indique exactement l’Etat, au 11 avril 1878, de la question relative aux inscriptions extérieures de la Diana. Le 16 du même mois elles ont été enlevées sans le consentement de la Société. M. le président n’a reçu de M. le Maire de Montbrison l’avis qu’il allait être procédé à cet enlèvement, qu’au moment où ce fait était accompli. Il a protesté le même jour contre cette mesure, par une lettre au Maire, que les journaux ont publiée. Puis, avec l’autorisation du Conseil d’administration, il a assigné devant le tribunal civil de Montbrison, en rétablissement des objets enlevés, réparation et dommages intérêts, M. Levet, non comme Maire, mais en son nom personnel, et M. Daphaud marbrier qui avait descellé les plaques ; attendu que les arrêtés municipaux n’avaient pas été revêtus de l’approbation préfectorale exigée pour ce cas par les art. 19 et 20 de la loi du 18 juillet 1837. Voici le dispositif du jugement rendu sur cette demande le 19 juillet 1878 : “ Le tribunal, jugeant en matière ordinaire et à charge d’appel, admet comme régulière en la forme l’action introduite par M. Testenoire, mais se déclare. incompétent pour en connaître au fond, tant vis à vis de Daphaud que vis à vis de Levet. ”
La question au fond reste entière. Le jour même de la plaidoirie, les défendeurs ont produit un arrêté du maire du 5 juin, approuvé par le préfet le 8, et suivi d’une lettre du ministre de l’intérieur du 28 du même mois, cet arrêté ordonne la pose de nouvelles plaques portant les inscriptions suivantes, l’une : Diana, monument construit vers l’an 1300, restauré en 1866.” L’autre: “ Bibliothèques de la Société de la Diana et de la Ville de Montbrison, ” inscriptions approuvées par le ministre de l’instruction publique et des Beaux-Arts: Ces plaques avaient été posées à la place des anciennes deux jours avant le jugement.

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Dans la séance du 11 avril, il a conféré 1e titre de vice présidents d’honneur de la Société de la Diana à MM Bonnassieux et V. de Laprade, qui la représentent si dignement au sein de l’Institut de France.

IV.

Procès-verbal de l’assemblée générale tenue le même jour 11 avril 1878, à 2 heures du soir, dans la salle de la Diana.

Présidence de M. Testenoire-Lafayette, président.

Sont présents : MM. d’Avaize, de Boissieu, Brassart, de Charpin-Feugerolles, Coste, David, Duguet, Durand, Girardon, Gonnard, Granger, Huguet, Jeannez, de Lavigne, Majoux, de Montrouge, NoÎlas, Ollagnier, Peuirière, Peyron, Poidebard, de Poncins, de QuirieIle, F. Rony, J. Rony, L. Rony, Ph, Testenoire, de Turge, Versanne, de Viry, Crozier représentant la Chambre des notaires
M. le sous-Préfet assiste à la séance.

Exposé de la situation générale de 1a Société.

M. le Président dit qu’il avait espéré réunir plus tôt l’Assemblée générale, mais que des incidents imprévus ayant retardé l’achèvement du 4e volume des mémoires de la Société, il a cru préférable d’attendre, pour la convoquer, que ce volume fût en Ètat d’être distribué aux membres présents.

D’après la liste arrêtée au 31 décembre 1876, le nombre dés sociétaires était de 133. L’un d’eux a donné sa Èmission. Quatorze membres nouveaux dont les noms figurent sur la liste placée en tête du 4e volume des mémoires, ont été admis en 1877, et six autres, MM. Jaloustre, Manin, Montagne, de Saint-Victor, des Périchons et de Vazelhes, depuis le 1er janvier 1878. Le nombre total des sociétaires est donc, à ce jour, de 152.

Au mois de septembre dernier, la Diana a été honorée de la visite de M. le Président de la République. Depuis François 1er, qui vint à Montbrison en 1536, c’est la première fois que notre belle salle recevait le chef de l’Etat sous ses lambris historiques.

Le bureau de la Société a saisi cette occasion pour demander à M. le Maréchal de Mac-Mahon de vouloir bien lui faire accorder, pour être placé sur le piédestal resté vide jusqu’à présent, au sommet de la brillante façade due au talent de M. Viollet Leduc, une statue du fondateur de la Diana, le comte de Forez Jean 1er.

Cette demande a été accueillie avec bienveillance par M. le Président de la République, et une lettre émanée de son cabinet, dont il est donné lecture à l’assemblée, permet d’espérer que la mémoire du comte Jean 1er obtiendra le juste hommage réclamé par la Société.

En exécution des arrangements intervenus entre la société et la ville de Montbrison, celle-ci a fait exécuter dans l’ancienne maison Latour-Durand, devenue, un annexe de la salle de la Diana, les travaux d’appropriation nécessaires pour y déposer la bibliothèque municipale. Il reste à établir une communication directe entre les deux immeubles. Un crédit pour cet objet sera demandé au budget de 1878.

L’excursion archéologique, faite en 1877 à St­Bonnet a eu un succès complet. Elle a provoqué l’envoi de notes nombreuses qu’un des membres du Conseil d’administration a bien voulu se charger de coordonner, et qui seront incessamment publiées dans le Bulletin. Il sera donné lecture, dans cette séance même, d’une étude sur la charte communale de St-Bonnet, présentée en réponse à l’article 6 du questionnaire.

Comptes de M. le Trésorier.

M. le trésorier présente le compte des recettes et dépenses effectuées par lui pendant le dernier exercice.

Ce compte, qui sera annexé au procès-verbal, est approuvé par l’assemblée.

Vote du Budget.

M. le Président soumet à l’assemblée le projet de budget pour 1878. Il explique que l’élévation du chiffre des cotisations à recouvrer, qui figure au chapitre des recettes, reconnaît la même cause qui a fait différer la tenue de la séance générale. Le Conseil administratif n’a pas voulu faire d’appel de fonds avant la distribution du 4e volume des Mémoires. Il se propose de suivre, à l’avenir la même règle, et il a pris des mesures pour que les volumes suivants se succèdent à bref délai. Plusieurs publications isolées sont aussi à l’Ètude enfin le catalogue de la bibliothèque, dont la préparation a demandé beaucoup de soins et de temps, sera incessamment livré à l’impression. En conséquence, le Conseil ne croit devoir proposer aucune modification à l’Ètat des recouvrements à opérer. Son intention néanmoins est de ne pas réclamer la cotisation de l’année courante 1878 avant le 1er janvier 1879.

Un membre demande si des non-valeurs ne sont pas à craindre sur le chiffre des cotisations antérieures à 1876 qui restent à recouvrer.

M. le Président répond que ce chiffre, d’ailleurs peu élevé, a été établi en le dégageant des non-valeurs certaines ou probables et représente une somme dont la rentrée à peu près intégrale est assurée.

Le budget est adopté.

Classement de nouveaux monuments historiques.

La Diana a été invitée officiellement à exprimer un avis sur l’opportunité de classer de nouveaux monuments historiques dans le département de la Loire. Elle a répondu à cette invitation en désignant, par délibération du 7 mai 1874, les monuments qui lui paraissent mériter cet honneur.

La Société croit devoir ajouter à la liste qu’elle a soumise alors à M. le ministre les anciennes églises de St-Victor-sur-Rhins, et de Verrières commune de St-Germain-Laval, toutes deux du XIIe siècle ; la première, curieux spécimen d’église fortifiée ; la seconde, élégante construction due aux chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem. L’une et l’autre sont des propriétés communales, mais ne servent plus à l’exercice du culte, et il y a des raisons de craindre que leur existence ne soit menacée.

La Société insiste pour le classement immédiat et en première ligne de la crypte de Saint-Bonnet-le-Château, déjà comprise dans les propositions faites par elle en 1874. Le mérite des peintures murales qui couvrent les murs de cette crypte et les altérations qu’elles ont déjà. subies donnent un caractère durgence à ce classement.

M. le Ministre a demandé à la Société de lui fournir des photographies des monuments dont le classement est proposé M. le Président fait appel à ceux des sociétaires qui, dans chaque arrondissement s’occupent de photographie pour aider le bureau à satisfaire au désir exprimé par M. le Ministre. M. Noëlas dit que la Société a cru devoir ajourner en 1874 toute proposition relative au classement de monuments préhistoriques : cependant ces monuments présentent un extrême intérêt, et il n’en est pas de plus exposés à la destruction.

Il émet le voeu que la Société provoque l’envoi de renseignements qui lui permettraient d’établir, en connaissance de cause, la liste des monuments de cette nature qui devraient être placés sous la protection du gouvernement.

Ce voeu est adopté à l’unanimité.

Réparations aux monuments historiques. Eglise de Charlieu.

M. Jeannez donne lecture d’un rapport sur travaux de réparation qui viennent d’être exécutés au porche de l’ancienne église abbatiale de Charlieu, par les soins de l’administration des monuments historiques.

Il signale, l’urgence de compléter ces travaux, en consolidant et faisant saillir d’environ un mètre les toitures qui recouivrent les voûtes des deux travées encore debout des anciens collatéraux. On préserverait ainsi d’une destruction inévitable cette portion si intéressante du vieil édifice et les magnifiques chapiteaux qui la décorent.

Les conclusions de ce rapport sont adoptées.

M. Jeannez est prié de vouloir bien se mettre en relation avec M. Selmersheim, directeur des travaux et de porter à sa connaissance les voeux de la Société.

Eglise de la Bénisson-Dieu.

M. Jeannez présente un rapport verbal sur un projet de réparations à l’église de la Bénisson-Dieu, communiqué pour avis à la Société.

Il résulte de ses explications que cette affaire a besoin d’un supplément d’instruction. En écrivant à M. Selmersheim au sujet de l’abbaye de Charlieu, M. Jeannez l’engagera à se transporter à la Bénisson­Dieu.

Triptyque d’Ambierle.

M. Jeannez lit une note sur le triptyque d’Ambierle, dont il attribue les peintures à Roger de Bruges.

Ce triptyque, une des perles artistiques les plus précieuses du Forez, présente, dans quelques unes de ses parties peintes et sculptées, des altérations auxquelles il importe d’apporter un prompt remède. L’emplacement qu’il occupe, sous les hautes fenêtres de l’abside dont il reçoit la buée et les infiltrations d’eau et de neige, l’expose à des avaries plus graves encore.

Selon M. Jeannez, les réparations devenues nécessaires au triptyque d’Ambierle, réparations qui doivent être conduites avec beaucoup de soin, de sobriété et de respect pour l’oeuvre originale, ne peuvent être convenablemant que par les artistes des ateliers du Louvre, à qui l’on doit la récente restauration du rétable de l’Hôpital de Beaune, exécutée aux frais de l’Etat. C’est la même faveur qu’il s’agirait d’obtenir pour le triptyque d’Ambierle.

L’assemblée entend avec le plus vif intérèt le travail de M. Jeannez, et, s’associant pleinement à ses conclusions arrête qu’il sera immédiatement transmis à l’autorité supérieure, avec prière de vouloir bien prescrire des mesures efficaces pour la réparation et la conservation de l’admirable triptyque d’Ambierle.

Publication des peintures murales de Saint-Bonnet- le-Château

La dernière excursion archéologique faite à St-Bonnet-le-Château a fait naître le désir de voir reproduire les curieuses peintures murales de la crypte dans une publication spéciale, dont la Société prendrait l’initiative.

Ce projet est vivement appuyé par plusieurs membres.

L’assemblée nomme une Commission composée de MM. l’abbé de St-Pulgent, Jeannez, Gonnard. Barban et Brassart, pour lui présenter un rapport sur les procédés de reproduction qu’il serait préférable d’adopter et sur la dépense à laquelle leur emploi donnerait lieu.

Excursion archéologique à faire en 1878

M. le Président fait connaître divers itinéraires proposés pour la prochaine excursion archéologique de la Société. Ces itinéraires sont les suivants :

1° Cornillon, – Feugerolles ;

2° Bourg-Argental, – Argental, – Saint-Sauveur, – Montchal, – Lupé ;

3° Villeret, – Château-Brùlé, – Saint-Maurice-sur-Loire.

4° Couzan, – L’Hôpital-sous-Rochefort, – Rochefort, – Boën.

5° Montbrison, – Chandieu, – Moind, – St-Romain-le-Puy, – Sury-le-Comtal.

M. le président met aux voix la demande d’un certain nombre de sociétaires, tendant à ce que la priorité soit accordée à l’excursion de Cornillon et Feugerolles.

A une grande majorité, cette proposition est adoptée.

L’assemblée désigne ensuite MM. le comte de Charpin-Feugerolles, Buhet et Gonnard pour composer la commission chargée de régler les détails et de préparer le questionnaire de l’excursion et laisse à cette commission le soin d’en fixer le jour.

Compte rendu des fouilles faites à Moind.

M. le Président dit qu’une excavation pratiquée dans un jardin à Moind, pour l’établissement d’une pièce d’eau, ayant amené la découverte d’antiquités gallo-romaines importantes, il n’a pas hésité, après entente préalable avec le propriétaire, à faire exécuter sur ce terrain, des fouilles régulières pour le compte de la Société.

Ces fouilles ont rendu au jour deux chapiteaux composites d’un beau style et de grande dimension, une demi-douzaine de tronçons de colonnes de 40 à 50 centimètres de diamètre, une base, et une quantité considÈrable de marbres et de pierres d’ornement, débités en plaques et en moulures variées, le tout gisant à une profondeur d’environ 2 mètres, au pied d’un mur épais de construction romaine, avec chaînes de briques.

L’objet le plus intéressant qui ait été trouvé est l’inscription suivante, gravée en belles lettres augustales sur une plaque de marbre que l’on croit être de Paros :

La dernière ligne de cette inscription, bien que mutilée, laisse lire sans incertitude le commencement du nom des Ségusiaves. M. Vincent Durand, qui a étudié ce monument avec MM. Chaverondier et Gonnard, propose d’en restituer ainsi le texte :

Malgré l’extrême intérêt de ces fouilles, on a dù les suspendre, pour ne pas engager une dépense trop considérable ; elles ne pourraient être reprises qu’à l’aide d’une subvention gouvernementale, que les résultats, acquis justifieraient amplement, et que la Société voudra sans doute solliciter de la bienveillance éclairée de M. le ministre de l’instruction publique et des Beaux-Arts.

En terminant cet exposé, M. le Président croit devoir rendre un public hommage au concours empressé que M. Clavelloux, maire et M. Bufferne, instituteur de Moind, ont bien voulu prêter à la Société ; elle doit aussi des remerciements particuliers à M. Girardon, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, qui a mis obligeamment à sa disposition un agent pour surveiller les fouilles.

L’assemblée s’associe aux sentiments de gratitude exprimés par M. le Président, et émet le voeu qu’une subvention gouvernementale permette de continuer les fouilles entreprises à Moind, qui peuvent fournir de nouveaux éléments à la solution définitive d’une question fort importante de géographie, celle de l’identité de la ville antique qui s’élevait sur cet emplacement.

Dons

M, le Président fait connaître à l’assemblée que l’administration municipale de Pommiers a libéralement disposé en faveur de la bibliothèque de la Diana de la colonne itinéraire retirée des soubassements de l’église dans le courant de l’année dernière.

M. le comte de Villeneuve a donné le superbe fragment d’inscription trouvé à Salt-en-Donzy, en 1840, par M. du Rosier de la Varenne, et dont voici le texte :

M. Octave de la Bastie, son ouvrage : Les grandes lignes architecturales et leurs rapports harmoniques avec les climats, et trois registres audienciers de la justice de Beauvoir-sur-Arnon, XVIe siècle.

M. Gabriel Garnier, bibliothécaire de la Diana : Terrier David, du Poyet, 1771;

M. Emmanuel des Périchons ; Terrier Coyffet de la rente de la Chapt, 1494;

Terrier Silvestre de la rente de la Chapt, Neulize, 1704, copie ;

Réquisition du prince de Saxe-Cobourg pour fournitures à l’armée alliée, Montbrison, 11 avril 1814, avec sceau;

M. le comte de Charpin Feugerolles, au nom de Madame la comtesse de Charpin : Notice historique sur le château de Feugerolles et sur les familles qui l’ont possédé;

M. l’abbé Manin : Biographie de M. Duplay, ancien supérieur du séminaire de St-Irénée, par M. E. Renaud ;

M. l’abbé Conte, secrétaire de l’Archevèché de Lyon : La prison de l’Antiquaille, Saint-Pothin et les premiers martyrs de Lyon ;
M. le Docteur Jules Godard : Du bégaiement et de son traitement physiologique.

L’assemblée vote des remerciements aux donateurs, et charge son bureau d’être l’interprète de ses sentiments de reconnaissance auprès de ceux qui n’assistent point à la séance.

Acquisitions.

L’assemblée vote l’acquisition :

1° De l’Armorial historique de Bresse, Bugey, Dombes, pays de Gex, Valromey et Franc-Lyonnais par M. Révérend du Mesnil :

2° De la collection photographique de vues de monuments foréziens, par M. Rouget.

Collection numismatique Duché.

M. le Président porte à la connaissance de l’assemblée la proposition faite par M. Duché-Glock de céder à la Société sa collection numismatique, moyennant une rente viagère.

Sur le rapport de M. Philippe Testenoire, qui a vu la collection dont il s’agit, l’assemblée décide qu’il ne sera pas donné suite à cette ouverture, les médailles et monnaies rassemblées par M. Duché n’ayant qu’un rapport très indirect avec l’histoire et les antiquités du Forez.

Vote d’une médaille à MM. Gonnard et V. Durand

M. le Président dit qu’à l’unanimité moins deux voix, le conseil administratif a résolu de proposer à l’assemblée de décerner une médaille d’honneur à MM. Henri Gonnard et Vincent Durand, en témoignage de satisfaction pour les soins qu’ils ont donnés, chacun en ce qui le concerne, aux publications de la Société et à l’établissement du catalogue.

Cette proposition est adoptée par l’assemblée.

M. Vincent Durand, en son nom et en celui de son excellent collègue M. Gonnard, exprime toute la reconnaissance que leur inspire l’honneur que veut bien leur faire la Société et dont ils voudraient se sentir plus dignes.

Proposition d’assemblées périodiques de la Société.

Plusieurs membres de la Société ont manifesté le désir qu’il soit tenu des réunions périodiques à jour fixe dans la salle de la Diana, indépendamment de l’assemblée générale annuelle, prévue par les statuts. Ces réunions, plus spécialement consacrées à l’étude de l’histoire et des antiquités du Forez, offriraient aux sociétaires l’occasion de mettre en commun leurs recherches et de se faire connaître mutuellement le résultat de leurs travaux.

L’assemblée reconnaît l’utilité et l’intérêt que présenteraient de semblables réunions, et se réservant de fixer ultérieurement leur date et leur nombre, arrête qu`une première réunion aura lieu le mardi, 4 juin prochain, à la Diana.

Enquête sur le culte de Saint Martin dans le département de la Loire.

Le secrétaire, en vue d’une étude dont il a présenté une première esquisse au congrès archéologique d’Autun, fait appel à l’obligeance de ses collègues pour lui communiquer les renseignements dont ils pourraient disposer sur le culte de Saint Martin dans 1e département de le. Loire, et spécialement sur les rochers, fontaines, etc, placés sous le vocable de ce Saint, et dont plusieurs sont l’objet de légendes ou le théâtre de pratiques de dévotion traditionnelles.

Charte communale de St-Bonnet.

M. Vincent Durand, secrétaire, présente en réponse à l’article 6 du questionnaire dressé à l’occasion de l’excursion faite à Saint-Bonnet le Château, une traduction de la Charte des privilèges de cette ville, d’après la Charte de confirmation octroyée, en 1270, par Jean de Chastillon, époux de Dauphine de St-Bonnet.

Ce travail sera inséré dans les Mémoires de la société.
La séance est levée.

Le Président, Le Secrétaire,
Testenoire-Lafayette. Vincent Durand.

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Budget de 1877.

Compte des recettes et dépenses effectuées en 1877.

Recettes.

Encaisse au 1er janvier 1877

1.062 38

Cotisations presque toutes antérieures à 1878 et recouvrées en 1877

2.766 50

Subvention de l’Etat pour 1876 et 1877

600 «  »

Subvention de la ville de Montbrison

200 «  »

Intérêts de fonds

33 35

Total des recettes effectuées

4.662 23

Dépenses.

Traitement du conservateur

700 «  »

Frais de bureau

190 30

Chauffage

61 95

Gratification au concierge

100 «  »

Abonnement à diverses publications

46 90

Achat de livres

228 «  »

Publications de la Société

1.538 45

Réparation à la salle

42 «  »

Frais de recolement de la bibliothèque

50 «  »

Frais d’encaissement des reçus de cotisations

56 44

Total des dépenses effectuées

3.393 45

Balance.

Recettes

4.662 23

Dépenses

3.393 45

En caisse

1.268 78

Budget de 1878.

Recettes.

Encaisse au 1er janvier 1878

1.268 78

Cotisations à recouvrer 1876

3.570 «  »

” 1877

4.080 «  »

” 1878

3.987 50

Subvention de la ville

200 «  »

” du ministère

200 «  »

Total

13.306 28

Dépenses.

Frais d’impression et accessoires du IVe volume du recueil des mémoires de la Société

2.000 «  »

Frais d’impression et accessoires de deux autres volumes

4.000 «  »

Impression du bulletin de la Diana

600 «  »

” du catalogue

800 «  »

Reliures

1.000 «  »

Achat de livres et abonnements

1.000 «  »

Établissement d’une communication entre la salle de la Diana et la salle annexe

1.200 «  »

Traitement du conservateur :

 

Pour solde de 1877

200 «  »

de 1878

800 «  »

Indemnité au concierge

100 «  »

Frais de bureau

200 «  »

Chauffage de la salle

200 «  »

Dépenses imprévues

200 «  »

Total

12.300 «  »

Balance.

Recettes présumées

13.306 28

Dépenses

12.300 «  »

Excédant disponible

1.006 28

V.

Séance générale du 4 juin 1878.

Présidence de M. Testenoire-Lafayette, président.

Sont présents: MM. Vincent Durand, de Turge, de Quirielle, de Charpin-Feugerolles, Brassart, Crozier au nom de la Chambre des notaires, David, Duguet, Girardon, abbé Langlois, J. Leconte, E. Leconte, de Montrouge, des Périchons, T. de la Plagne, Révérend du Mesnil, L.. Rony, A. Roux, et G. de Saint-Genest.

MM. Jeannez, de Poncins, de Viry, ont écrit pour s’excuser de ne pouvoir assister à la séance.

M. le président rappelle que, dans la séance tenue le 11 avril dernier, la Société a décidé qu’à l’avenir, outre l’assemblée, générale annuelle prévue par les statuts, des réunions périodiques, consacrées à l’étude de l’histoire et des antiquités du Forez, auraient lieu à la Diana. La séance de ce jour inaugure ces réunions, d’un caractère moins exclusivement administratif, qui permettront aux membres de la Société, de faire connaitre, le résultat de leurs recherches, de provoquer des communications relatives à leurs travaux, de se tenir enfin mutuellement au courant de tous les faits, de toutes les découvertes, de toutes les publications se rattachant par quelque côté à notre histoire provinciale.

Avant de donner la parole aux membres qui auraient des communications à faire à l’assemblée, M. le président croit devoir indiquer très brËvement où en sont certaines questions traitées dans la dernière réunion générale.

La Commission chargée, sous la présidence de M. le comte de Charpin de préparer l’excursion à Cornillon et à Feugerolles, fera prochainement connaître l’itinéraire et le questionnaire de cette excursion. Ces questionnaires sont fort utiles. Leur rédaction seule exige déjà des recherches préparatoires sérieuses. Sans doute, on ne répond. pas à toutes les questions, mais elles sont posées ; elles se mûrissent ; et le jour ou la Société, revenant sur le même terrain, en reprendra l’examen, elles provoqueront des réponses qui, pour être tardives, n’en seront que plus approfondies.

Pour la première fois, le questionnaire, publié à l’occasion de la visite de la Société à St-Bonnet-le-Château, a. provoqué l’envoi de notes nombreuses. Ces notes seront réunies et coordonnées dans un compte-rendu que M. de Quirielle a bien voulu se charger de rédiger, et qui sera inséré au Bulletin. La Commission nommée pour examiner la possibilité de reproduire, dans une publication spéciale, les belles fresques de la crypte de St-Bonnet a déjà recueilli des renseignements sur les conditions dans lesquelles cette reproduction pourrait être tentée par la photographie. Elle ira prochainement étudier cette question sur place.

Les voeux exprimés par la Société au sujet de l’abbaye de Charlieu et du triptyque d’Ambierle ont été officiellement transmis à l’autorité compétente. L’excellente étude de M. Jeannez sur le triptyque d’Ambierle sera insérée dans le 5e volume des Mémoires de la Société : il y sera joint des photogravures des beaux volets attribués à Roger de Bruges.

Le recouvrement de la Cotisation de 1876 s’est opéré d’une manière satisfaisante.

Réimpression de la Comédie françoise, par Benoît Voron.

Le dernier volume des Mémoires de la Société contient la réimpression d’un rarissime opuscule de Benoît Voron: la Resjouissance sur la France désolée. Il existe du même auteur un autre opuscule non moins rare, intitulé Comédie Françoise, que M. le conseiller Benoît, bibliographe si compétent et si zélé, propose de réimprimer aussi, en offrant de contribuer pour une certaine somme aux frais de l’édition.

Après avoir entendu les explications données à ce sujet par M. le président, l’assemblée accepte avec reconnaissance le concours de, M. le conseiller Benoît et vote la réimpression de la Comédie Françoise de Benoît Voron, sous forme de publication séparée, ce qui permettra de reproduire plus exactement la disposition matérielle de l’Èdition originale.

Cette réimpression aura lieu immédiatement, et permettra d’attendre le. Ve volume des Mémoires de la Société, dont les matériaux sont assurés, mais qui demandera un certain laps de temps pour être imprimé.

Excursion de Saint-Bonnet-le-Château. Coinpte-rendu.

M. de Quirielle, rapporteur, donne lecture de longs fragments des notes qui lui ont été transmises à l’occasion de l’excursion archéologique faite par la Société à Saint-Bonnet-le-Château.

L’assemblée, entend avec intérêt cette lecture. Quelques, membres expriment l’opinion que la valeur des renseignements contenus dans les notes lues par M. le rapporteur, motiveraient leur insertion dans les Mémoires de la Société.

Une discussion s’engage à ce sujet. On fait remarquer que la publication des peintures murales de St-Bonnet-le-Château comportera un texte explicatif pour lequel on mettra à profit les notes provoquées par l’excursion et les recherches plus complètes que ces dernières susciteront à leur tour. Il semble donc suffisant de les insérer au Bulletin, comme pierre d’attente d’un travail définitif.

Cette opinion rallie la majorité de l’assemblée.

Découverte d’une voie antique à Saint-Martin-la-Sauveté.

Le secrétaire annonce la découverte récente d’un tronçon de voie antique parfaitement conservé, sur le territoire de Ia commune de Saint-Martin-la-Sauveté, au lieu dit le Prénat, en un point situé. à l’intersection des lignes qui joindraient les hameaux de Sabonnières et du Coin, d’une part, et ceux de la Forge et de Châtelus, de l’autre.

Cette voie se compose d’une chaussée en terre battue, sur laquelle est établi un blocage en moëlIons d’assez fortes dimensions, retenu par des bordures alignées avec soin. Une couche de quelques centimètres de gor, ou sable fossile constitue la surface supérieure, sur laquelle, roulaient les voitures.

La largeur totale est de 6 m. 50, le bombement de 0 m. 20.

Des fouilles pratiquées de part et d’autre de la vole ont amené au jour des poteries gallo-romaines, quelques unes en terre sigillée, des scories de forges, des cendres et des fragments d’ossements, qui ont fait supposer l’existence de sépultures par ustion bouleversées par la charrue.

Ce tronçon de route antique appartenait à la route de Feurs à Cervières et à Clermont, dont le tracé a été sommairement décrit, page 235 du IVe volume des Mémoires de la Société. Sa conservation peu ordinaire s’explique par une très ancienne rectification du tracé primitif, faite probablement en vue d’éviter une contre-pente, et par le peu de valeur des terrains traversés, où la chaussée abandonnée s’est conservée intacte sous une mince couche de terre végétale.

M. EleuthËre Brassart fait passer sous les yeux, des membres de. l’assemblée des photographies donnant l’image fidèle de cette route, telle que les fouilles l’ont rendue au jour. Ces photographies sont d’autant plus précieuses que le propriétaire du sol, désireux de faire disparaître un obstacle où venait se heurter la charrue a déjà détruit la plus grande partie de la chaussée.

M. des Périchons dit qu’il a entendu parler d’un autre tronçon de voie antique découvert dans le voisinage de Saint-Barthélemy-Lestra ; il se propose de recueillir à ce sujet des renseignements plus précis.

Culte de Saint Martin dans le département de la Loire.

M. Vincent Durand rappelle que, dans la dernière séance générale, il a prié les membres de la Société de vouloir bien lui communiquer les renseignemonts qu’ils pourraient posséder sur le culte de Saint Martin, et sur les lieux qui portent son nom dans le département de la Loire.

Comme exemple de l’intérêt archéologique que présente ce sujet, il donne lecture d’une note sur la chapelle, le manteau et la fontaine de Saint Martin, commune de Saint-Georges-en-Couzan, but d’un pélerinage où l’on porte les enfants qui ne peuvent pas marcher.

Des fouilles exécutées en ce lieu ont mis à découvert des outils. de pierre du type du Moustier et de nombreux échantillons de poterie, qui semblent appartenir à l’époque préhistorique. Des spécimens de ces outils et de cette poterie sont mis sous les yeux de l’assemblée.

Des silex et de la poterie d’une fabrication analogue ont été trouvés à Pérignieu, près d’une roche à bassin, détruite depuis peu d’années, qui portait .le nom de lit de Saint Martin. Tout récemment encore, de la poterie travaillée sans l’emploi du tour et des fragments de vases gallo-romains ont apparu à côté d’une pierre de Saint Martin, commune de Champoly. Ces faits sont très dignes d’attention : ils portent à croire que parmi les lieux auxquels le nom de Saint Martin est resté attaché, un certain nombre ont été le théâtre de superstitions détruites ou converties en observances meilleures par ce, grand adversaire du paganisme, ou par ses disciples immédiats.

Dons.

M. Duchez-Glock a offert à la Société une bonne réduction en plâtre du Spartacus de Foyatier ;

M. David : un manuscrit du 17e siècle, contenant un traité de physique, avec un certain nombre de planches gravées intercalées dans le texte ;

M. Elie Jaloustre : La famine de 1694 dans la Basse-Auvergne, Clermont, 1878 in 8°.

M. Antoine Guillemot : Nouveaux documents relatifs à l’industrie Thiernoise – Réformation de statuts de la coutellerie en 1614 et 1615. Clermont, 1878, in 8°.

M. Savigné : Revue du Dauphiné et du Vivarais, tome 1er et premières livraisons du tome 2.

Des remerciements leur sont votés par l’assemblée.

L’assemblée décide que la date de la prochaine réunion générale sera fixée le jour de l’excursion archéologique à Cornillon et Feugerolles.

La séance est levée.

Le Président, Le Secrétaire,
Testenoire-Lafayette. Vincent Durand.

VI.

Nécrologie.

M. le baron d’Ailly.

Il y a déjà plus d’un an que M. le baron d’Ailly, dont le nom est au premier rang parmi les numismates, s’est éteint à Nice, dans un âge avancé. Il a légué, par son testament, à la bibliothèque nationale, sa riche collection de monnaies romaines. Ce don vraiment princier est d’autant plus précieux que le médaillier de M. d’Ailly est le plus complet qui existe pour la série consulaire romaine. Cette collection comprend 17,348 pièces, dont 42 en or, 11,371 en argent, et 5935 en bronze ; elle vient ajouter de nombreuses et intéressantes richesses à notre grand trésor national.

M. d’Ailly appartenait à une des meilleures familles de notre province, et son bel ouvrage : Recherches sur la monnaie romaine, depuis son origine jusqu’à la mort d’Auguste, fait partie de notre bibliothèque.

Nous nous faisons un devoir de venir, quoique bien tardivement, consacrer quelques lignes à la mémoire de ce savant compatriote.

VII.

Mouvement du personnel de lu Société

Membres Tilulaires :

M. L’abbé Langlois, curé archiprêtre à St-Bonnet-le-Chateau, reçu le 27 mai 1877.

M. L’abbé Mazeran, curé de St-Georges-de-Baroilles, reçu le 27 mai 1877.

M. Eleuthere Brassart, propriétaire à Varenne, commune de Saint-Sixte, reçu, le 27 mai 1877.

M. L’abbé Bonjour, archiprêtre à Thizy, reçu le 16 juin 1877.

M. L’abbé Vindry, aumônier à st-Chamond, reçu le 2 juillet 1877.

M. Raoul Chassain de la Plasse, avocat à Roanne reçu le 2 juillet 1877.

M. L’abbé Vial, curé à Cervières, reçu le 20 août 1877.

M. Etienne de Vazelhes, propriétaire à Montbrison, reçu le 16 février 1878.

M. L’abbé Manin, curé à Jonzieux, reçu le 16 février 1878.

M. Emmanuel des Périchons, propriétaire à Montbrison, reçu le 16 février 1878.

M. Antony Montagne, greffier au tribunal de Montbrison, reçu le 11 avril 1878.

M. Louis Chaleyer, propriétaire à Montbrison, reçu le 11 avril 1878.

M. Léon Chaland, fabricant de lacets à St-Chamond, reçu le 11 avril 1878.

M. Claudius Maillon, avoué à Montbrison, reçu le 11 avril 1878.

M. Elie Morel, propriétaire à Montbrison, reçu le 11 avril 1878.

Membres Correspondants:

M. Charles de Saint-Victor, au château de Chamousset, à St-Laurent-de-Chamousset, reçu le 11 avril 1878.

M. Elie Jaloustre, percepteur à Clermont-Ferrand, reçu le 11 avriI 1878.

VIII.

Mouvement de la Bibliothèque.

Dons et Echanges.

M. Vincent Durand : Recherches sur la station gallo-romaine de MÈdiolanum, (in-8° broché, Saint-Etienne, Chevalier 1874). – Don de l’auteur.

Le même : Aquœ Segetœ et la voie Boléne en Forez, (in-8° broché, St-Etienne, Chevalier 1875). – Don de l’auteur.

Le même : De la véritable situation du tractus Rodunensis et alaunorum (in-8° broché, Vienne, Savigné 1877). – Don de l’auteur.

Le révérend père Gouilloud de la Cie de Jésus : St-Irénée et son temps, 2e siècle de l’Eglise (in-8° broché, Lyon, Briday 1876). – Don de l’auteur.

M. le baron de Rostaing, de Montbrison : Voies Romaines des Ségusiaves, (in-8° broché, Lyon, Glairon Montet 1877). – Don de l’auteur.

Le même: Ambariacus et Visorontia (in-8° broché, Paris, Dumoulin 1878). – Don de l’auteur.

M. Etienne de Vazelhes, de Montbrison : Etude sur l’extradition suivie des textes des traités franco-belge de 1874 et franco-anglais de 1843 et 1876, (in-16 broché, Paris, Pichon 1877). Don de l’auteur.

M. Révérend du Mesnil, de St-Rambert : Etudes historiques du département de l’Ain, (in-12 broché, Bourg en-Bresse, J. M. Villefranche 1877). – Don de l’auteur.

Mémoires de la Société d’agriculture, sciences el arts du département de la Marne 1874 et 1876, (in-8° broché, Châlon-sur-Marne, Auguste Denis 1877).

Mémoires de la Société littéraire et historique de Lyon 1874 et 1875, (in-8° brochÈ, Lyon, Auguste ,-Brun, 1877).

Mémoires de la Société Eduenne, tome VI 1877, (in-8• broché, Autun, de Jussieux père et fils, 1877).

Compte-rendu des travaux du conseil d’hygiène en 1877 (in-8° broché, Saint-Etienne, Théolier frères, 1877).

Annales de la Société de médecine de la Loire, tome VI 1866, (in-8° broché, St-Etienne, J. Pichon, 1877).

Annales de la Société d’agriculture sciences, arts et belles lettres de St-Etienne, années 1875-1876 et 1877 (in-8° broché Saint-Etienne, Théolier frères, 1877).

Don de M. Goure, de Lérigneux : État des services de M. Amoros (François).

Don de M. David, de Montbrison : Tractatus Physicus, volume manuscrit XVIIIe siècle.

M. de la Vallière, à Blois : Une simple remarque héraldique sur la famille Robertet. – Don de l’auteur.

Le même: Une visite à l’hôtel d’Alluye, (in-12 brochure, à Blois, Lecesne 1878). – Don de l’auteur.

Photographies de l’hôtel d’Alluye, à Blois. – Don de M. de la Vallière.

De Pontaumont : Thèse pour la licence ; Des nullités du mariage, (in-8° broché, Cherbourg, Auguste Mouchu, 1875).

Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, (in 8° broché, Cherbourg, Lepoitevin et Henry 1875).

Liste des membres du comité des travaux historiques et des sociétés savantes, (in-8°, broché, imprimerie nationale 1877).

Mémoires de l’académie du Gard 1776. (in-8° broché, Nîmes Clavel-Ballivet 1877).

Bulletin archéologique et historique publié sous la direction de la société archéologique de Tarn-et-Garonne année 1877, (4 brochures in-8° Montauban Forestier 1877).

Congrès archéologique de France, XLIII session, in-8° broché, Tours, Paul Bouserez 1877).

Acquisitions

Triomphe de la vertu, Tragédie des rares et prodigieuses adventures de Pierre comte d’Urfé, marquis de Bagé, sénéchal de Beauclaire, chevalier de St-Michel, de la Toison d’or et du St-Sépulchre, grand Escuyer de France, sous Louis onzième, in 4° relié, Lyon, Claude Laguiolle 1635. Une note manuscrite indique que cette tragédie se représentera au collège de l’oratoire de Montbrison, l’espace de trois jours le .. de juin l635. Cette plaquette imprimée n’est pas la tragédie elle même ; elle n’en est que le sommaire ou l’analyse, elle contient à la fin la liste des acteurs.

Tragi-comédie pastorale sur l’Astrée, Acte Ier Céladon Siluandre, Astrée, Diane, Paris, Hilas, (par Rayssiguier), 1630, in 18° broché.

Terrier de la cure et prébende de Feurs, signé Donneti, (1438-1460) contenant des extraits d’un terrier plus ancien (1386-1415) in-4° papier.

Mervillon, géomètre à Saint-Bonnet-le-Courreau : Essai statistique, sur la commune de St-Bonnet-le-Courreau, 1845, manuscrit.

E. Desjardin : Géographie historique et administrative de la Gaule Romaine, 2me volume (in-8° broché, Hachette, à Paris, 1878).

Longnon : Géographie de la Gaule au VIe siècle et son atlas, (in-8° broché, Hachette, à Paris, 1870).

Monuments historiques de la Loire. 50 Photographies par Rouget.

Réverend du Mesnil : Armorial historique de Dresse, Bugey, Dombes, pays de Gex, Valromey et Franc-Lyonnais, d’après les travaux de Guichenon, etc… (in-4° broché, Lyon, Vingtrinier, 1874).

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