LA GENDARMERIE DE LA LOIRE DANS LA RESISTANCE, Communication de M. Philibert de Loisy, BD, Tome LXV, Montbrison, 2006, pages 70 à 80.

 

 

La gendarmerie  a eu un rôle très difficile pendant la période 1940-1944. Certains de ses membres ont commencé l’action résistante dès 1940, d’autres plus tardivement.
Cinq points caractérisent l’engagement de la gendarmerie de la Loire dans la Résistance :
– La participation au camouflage des armes
– Le ralliement individuel aux maquis
– Le ralliement de l’escadron à cheval de Saint Etienne
– Le ralliement du groupement France du lieutenant Sanvoisin
– La participation des gendarmes au combat d’Estivareilles

La participation au camouflage des armes :
La gendarmerie a participé dans son ensemble au camouflage des armes sous trois formes : sécurisation des axes routiers, récupération de matériels et de véhicules, aide et camouflage.

a- Sécurisation des axes routiers
Lorsqu’il était nécessaire de faire des transferts de stocks d’armes ou de munitions. cela se passait la nuit, la gendarmerie sécurisait le secteur et interceptait tout curieux. Elle n’était pas forcément au courant du matériel transporté sur l’itinéraire neutralisé, mais elle recevait de l’autorité militaire l’ordre de sécuriser le secteur, ce qu’elle faisait. La brigade de Feurs protégera le parachutage du 25 juillet 1942 et sans doute le pick-up du 12 février 1943.

b- Récupération de véhicules et d’armement
Elle récupéra de la même façon beaucoup de matériel, notamment du matériel roulant, car la gendarmerie était jusqu’ici à bicyclette, elle fut en 1940 motorisée. Chaque brigade reçut ainsi des véhicules qu’elle ne put utiliser longtemps faute d’essence pour les faire rouler. Voici le chiffre pour 1940 : 10 voitures, 9 camionnettes, 18 side-cars et 2 motos. Elle put toutefois mettre sur pied douze brigades motorisées.
A la dissolution de l’armée fin novembre 1942, elle récupéra à nouveau des véhicules. C’est ainsi que la gendarmerie de la Loire reçut 7 voitures, 8 camionnettes, 18 side-cars, dont ceux du château de la Plagne à Veauche, et 2 motos. Toutefois lorsqu’une perquisition aura lieu chez le garagiste Leclerc à Feurs le 1er juin 1943, les Allemands saisiront deux véhicules de la gendarmerie en réparation dont un du CDM 1.
Mais la gendarmerie reçut également de l’armement alors qu’une partie avait disparu suite à l’entrée des allemands en juin 1940 dans le département de la Loire. Elle en reçut même en plus, à charge pour elle de le camoufler soit dans les combles de la brigade, soit en l’enterrant. C’est ainsi que la brigade de Saint-Chamond cacha deux mitrailleuses Hotchkiss enterrées dans leur caisse. En 1943 elle reçut des jumelles à prismes et une lunette binoculaire ainsi que des harnachements destinés à l’escadron à cheval du régiment de la garde de Saint-Etienne.

 

c- Aide et camouflage
Il y eut des départements où certains gendarmes participèrent directement au CDM comme camoufleurs, ce fut le cas dans la Loire avec les maréchaux des logis Faure et Schreiber de la brigade de Feurs. Paul Faure était un enfant du pays né à Saint-Etienne en 1903 et mort à Sail-sous-Couzan. René Schreiber était un alsacien originaire de Birschwiller dans le Bas-Rhin. Ainsi après avoir aidé le capitaine de Loisy, responsable départemental CDM, à cacher des armes, ils aidèrent à les faire disparaître en décembre 1942. Schreiber avait même prévenu des juifs devant être arrêtés pour qu’ils puissent se cacher.
Contrairement à d’autres départements,  la gendarmerie de la Loire ne participa pas à la dénonciation des dépôts clandestins d’armes suite à la circulaire de Laval, président du conseil et ministre de l’intérieur. Cette circulaire portant le N° 349 T/Gend du 19 décembre 1942, rendait les commandants de légion de gendarmerie personnellement responsables.
Quatre dépôts seront dénoncés par les autorités :
– celui du comte de Neufbourg,
– celui du matériel contre les gaz à Sail-sous-Couzan.,
– celui du pigeonnier de la ferme de Goutteland à Saint-Romain-le-Puy,
– celui de la gendarmerie de Saint-Galmier.
Toutefois on peut se poser la question de savoir si le dépôt d’armes entreposées à la gendarmerie de Saint-Galmier en janvier 1943 ne provient pas de la gendarmerie ? En tous cas ce n’est pas le stock du château de la Doue.
Quand les gendarmes durent rendre visite au comte de Neufbourg, dénoncé pour détention de matériel militaire, ils ne trouvèrent rien en janvier 1943 ni les fois suivantes.
Lorsque l’adjudant Louvion, qui assurait l’intérim en l’absence du capitaine de Loisy, part pour la zone Nord car il est grillé dans la Loire, c’est le maréchal des logis Faure qui le remplace.
Faure et Schreiber sont arrêtés le 24 mai 1943 pour le motif suivant : Refus d’ indication adresse individu recherché par police allemande (il s’agissait de l’adjudant Louvion). Ils furent transférés à Vichy puis à Moulins à la sinistre prison de la Malcoiffée, de là ils furent transférés au fort de Romainville avant de partir pour Saarbrücken puis en direction du camp de concentration de Sachsenhausen dont ils revinrent en mai 1945 2.
D’autres gendarmes prirent une part plus modeste au CDM, ils donnèrent des renseignements, citons le gendarme Marcel Baussaron à Feurs et Abel Robin à Saint-Etienne.

 

La vie et les engagements de la gendarmerie en 1943
Dès l’entrée des troupes allemandes en novembre 1942, la gendarmerie devait se trouver dans une position encore plus difficile. Les autorités dont elle dépendait ne furent plus libres, mais servirent d’auxiliaires aux Allemands.
La gendarmerie de la Loire récupéra par ailleurs une cinquantaine de militaires démobilisés de l’armée d’armistice, dont le lieutenant Sanvoisin. Ces anciens militaires sont, pour la plupart, des jeunes qui se sont engagés pour échapper au STO, et qui, de ce fait, ne se sentaient pas vraiment concernés par les servitudes de la gendarmerie. Leur sens de la discipline et leurs connaissances militaires insuffisantes s’en ressentent.
La gendarmerie de la Loire devait  alors être renforcée par la création d’un escadron à cheval à Saint-Etienne au début 1943. En fait cet escadron dépendait du régiment de la Garde de Clermont-Ferrand. La garde avait été détachée de la gendarmerie depuis novembre 1940, elle devait lui être à nouveau rattachée à la Libération.
Si la gendarmerie était peu favorable aux Allemands, elle devait être détachée du secrétariat d’état à la guerre par la loi 565 du 2 juin 1942 pour passer sous l’autorité du ministre chef du gouvernement et ministre de l’intérieur, c’est à dire Laval. Elle fut placée, en mars 1943, sous l’autorité de Darnand, secrétaire général au maintien de l’ordre. Elle dut alors participer directement au maintien de l’ordre et devenir ainsi l’auxiliaire des occupants allemands.
Le chef d’escadron Brunel, commandant la compagnie de la Loire, écrit le 18 décembre 1942 : La presque totalité de la population souhaite la victoire anglaise. Le sentiment qui prédominait les mois précédents s’est encore accru en raison de l’attitude des troupes d’opérations à l’égard de la population civile.
Les 4 et 5 décembre 1942, suite à un attentat contre un militraire allemand à Saint-Martin-la-Plaine, les troupes d’occupation ont arrêté tous les hommes de 16 à 60 ans. Les Allemands pillent le pays, prennent les cochons, le beurre, le vin, sans payer.
Le Commandant de la Feld-gendarmerie de la Loire était le major von Hoffenreich.
La gendarmerie eut par deux fois, le 8 octobre 1941 et le 7 septembre 1943, la visite de la commission de contrôle allemande chargée de vérifier que les directives allemandes étaient bien appliquées et que les gendarmeries ne cachaient pas de matériel. Les questions furent les suivantes :
Y a-t-il des véhicules arrivés récemment ? Réponse : Non !
– Y a-t-il des armes arrivées récemment ? Réponse : Non !

Cela, alors même que la gendarmerie cachait du matériel.

Les Allemands considéraient en général la gendarmerie comme une troupe solide et disciplinée mais dont l’encadrement avait un niveau intellectuel médiocre.
Le premier maquis de la Loire apparaît en décembre 1942 dans les monts de la Madeleine. La gendarmerie rendit compte en soulignant qu’il y avait au moins trois cents maquisards qui étaient en liaison avec les maquis de Haute-Savoie. Il fallait monter une opération avec les unités de l’Allier pour les déloger. Finalement il n’y eut pas grand chose, les chiffres annoncés dûs à des témoignages de personnes arrêtées, furent très exagérés.
Le chef d’escadron Brunel partit le 7 septembre 1943 comme adjoint du chef de la légion de Clermont-Ferrand, il fut remplacé en novembre par le chef d’escadron Béchet.
Le 5 octobre 1943 marqua l’arrestation, par les Allemands, de l’adjudant de gendarmerie Berchat et du gendarme Wetcler.
Il y eut des altercations avec les maquisards qui firentt des morts de part et d’autre, notamment à Montbrison. Ainsi, des maquisards, se trouvant nez à nez avec une voiture de gendarmes, ouvrirent le feu, alors qu’ils auraient très bien pu se croiser.
Suite à une opération contre les maquis, le maréchal des logis chef Forichon de la brigade de Noirétable fut destitué à la demande de la milice pour ne pas avoir trouvé le contact avec les maquisards. Il fut transféré à Saint-Etienne, à la caserne de la rue d’Arcole et mis aux arrêts simples. Un jour de juillet, comme il vaquait aux occupations, en un mot il était de corvée de balayage dans la cour, il fut enlevé par la Milice et envoyé en déportation où il mourut.

Les ralliements individuels des gendarmes.
Le premier ralliement eut lieu le 7 octobre 1943, il s’agit de l’adjudant Dailly de la brigade de Noirétable. Ce n’est qu’en décembre que le rapport de gendarmerie le déclara en dissidence (c’est à dire passé au maquis) auparavant il était porté déserteur. Il mourut en juin 1944 en Haute-Loire dans un combat contre les Allemands.
Pour comprendre les autres ralliements. il faut prendre en compte deux données rarement évoquées : le regroupement des brigades et le désarmement de la gendarmerie.
Le regroupement des brigades fut envisagé et préparé dans la Loire dès le mois de février 1944. La montée en puissance des maquis et l’attaque des gendarmeries pour se procurer des armes rendaient les brigades de petites localités très vulnérables. Darnand, responsable du maintien de l’ordre qui coiffait la police et la gendarmerie, demanda donc le regroupement de la gendarmerie sur les grands centres avec l’organisation de la défense des autorités de l’Etat. Celui-ci fut mis en œuvre au début juin par le lieutenant Sanvoisin chargé de regrouper une partie de la compagnie de Montbrison sur Saint-Etienne, les familles restant sur place.
Le 15 juillet 1944, un groupe de quinze personnes du GMO3 18 juin du lieutenant Oriol et commandé par l’aspirant Michel Chabrolles investit la caserne de gendarmerie de Montbrison et exigea les armes. Arrivé subrepticement, le lieutenant Sanvoisin passa un marché avec Chabrolles, il lui remit six mousquetons et huit pistolets ainsi que des munitions et garda le reste.
La Gestapo de la Loire, de son côté, supprima l’essence de la gendarmerie, considérée comme trop favorable aux maquis.
Le 12 août 1944, le Militärbefehlshaber in Frankreich  (le commandement militaire allemand du général Kilzinger, qui vient de succéder au général von Stülpnagel suite à l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler) décida, sans doute sur ordre de l’OKW (commandement suprême des forces armées) le désarmement de la Gendarmerie et des GMR (Groupement Mobile de Réserve, ancêtre des CRS) ce qui amena le ralliement de nombreux gendarmes. Ce fut le cas dans la Loire avec le ralliement de la section de Rive-de-Gier, avec à sa tête le lieutenant Dupair sur ordre de Marey, chef départemental de l’AS (Armée Secrète).

Le ralliement de l’escadron à cheval de Saint Etienne :

Le lieutenant Millon adjoint du capitaine commandant l’escadron, était un ancien officier de l’armée. Après la dissolution, il choisit de rejoindre la Garde et il fut affecté à l’escadron de Saint-Etienne. Cet escadron comportait, en principe, trois officiers et cent vingt deux gradés.
Les engagements de l’escadron avaient montré son peu de mordant vis à vis des maquisards.
Le 19 juin 1944, deux gardes (Chomat et Bourgois) avaient déserté et rejoint l’AS qui les affecta comme cadres ou instructeurs selon les besoins. Le 19 juin, l’escadron fut engagé à Annonay et les gardes tirèrent en l’air. La Milice exigea des sanctions, mais la direction de la garde de Clermont n’en fit rien.
L’escadron dû faire mouvement sur Vichy et assurer la garde du Maréchal. C’est le moment que choisit le capitaine commandant l’escadron pour partir en permission.
La date du départ fut fixée au 8 juillet. L’escadron devait faire mouvement avec armes et bagages par voie ferrée. D’accord avec Marey et Jeanblanc, chef du secteur de Saint-Etienne, Millon décida de saisir l’occasion et de rallier l’AS. L’escadron fut donc rassemblé avec voitures, armes et munitions. Il se dirigea vers la gare de Châteaucreux, finalement il poursuivit sa route vers la Terrasse et de là vers Montrond. Les deux GMO (le GMO 18 juin et le GMO Liberté) furent chargés de sa sécurité sur le parcours. Un détachement allemand fut envoyé à sa poursuite et le rata à un quart d’heure près. Il partit ensuite vers le Montbrisonnais où il cantonna. Millon, nommé capitaine par Alger après son ralliement fut chargé le 31 juillet par Marey de former le groupement Strasbourg avec la patrouille Ferréol, les GMO 18 juin, Cassino et Liberté. En fait le ralliement de l’escadron de la garde permit d’étoffer l’encadrement de ces GMO. Le groupement Strasbourg devait jouer un rôle important dans la bataille d’Estivareilles.

Le ralliement du groupe France du lieutenant Sanvoisin

Le lieutenant Sanvoisin, ancien du 152e RI, fit, après la dissolution de l’armée, une demande de mutation dans la gendarmerie. De juillet 1943 à février 1944 il était à l’école de la gendarmerie. Le 21 mars 1944 il fut affecté à la légion de gendarmerie de la Loire comme adjoint du chef d’escadron Béchet. Il avait connu Marey et Gentgen à l’école de Saint-Cyr repliée à Aix-en-Provence en 1941. Il prit donc contact avec eux et les renseignait. Il fut décidé qu’il rallierait le plus tard possible. Les ordres d’Alger et de Londres pour les fonctionnaires étaient de rester en place le plus longtemps possible, car leur présence permettait d’être renseigné. Par ailleurs il valait mieux que les postes soient tenus par des fonctionnaires acquis à la Résistance que par des collaborateurs. c’est ce que l’on a appelé le NAP ( Noyautage des Administrations Publiques).
Après l’ordre de désarmement, le lieutenant Sanvoisin réussit, avec l’adjudant chef Jouffrais de la brigade de Chazelles, à rallier vingt trois gendarmes de Montbrison repliés à Saint-Etienne. Le 18 août à l’aube ils gagnèrent Saint-Bonnet-le-Château puis Joansiecq. Ils formèrent le GMO France. Ils furent ensuite trente et un avec l’arrivée du maréchal des logis chef de Vandègre de la brigade de Saint-Jean-Soleymieux. Ils participèrent au combat d’Estivareilles.

Le combat d’Estivareilles

Il n’est pas possible de parler de la gendarmerie et de la Résistance sans évoquer le combat d’Estivareilles. Rappelons brièvement les faits. Le 17 août l’OKW donna l’ordre à toutes les garnisons situées au sud de la Loire de gagner la trouée de Belfort. Le colonel Metger qui commandait la garnison du Puy (environ un millier d’hommes) décida de gagner Saint-Etienne. Il laissa un élément retardateur chargé de faire sauter les obus qui étaient en stock là. Il prit donc la route le 18, harcelé par les FFI et les FTP dirigés par le commandant Perny ancien chef régional du CDM R6 Auvergne. Le contact fut pris avec Marey. Celui-ci dépêcha les deux GMO disponibles, c’est à dire le GMO 18 juin du lieutenant Oriol et le GMO France du lieutenant Sanvoisin et battit le rappel du groupement Strasbourg du capitaine Million. Dans le même temps, il fit sauter le pont d’Estivareilles. Alors que ses troupes étaient moins nombreuses que celles des Allemands, par une manoeuvre habile, il déplaça ses armes automatiques qui firent le coup de feu un peu partout tout autour des troupes allemandes. Il déplaça également ses véhicules pour donner l’impression qu’il recevait des renforts. Le bluff réussit, les Allemands se rendirent le 22 août au capitaine Marey4 et au commandant Perny.
Le bilan de cette opération fut le suivant :  douze officiers, soixante sous-officiers et quatre cent vingt hommes se rendirent ainsi que soixante six miliciens et leur famille, un chef PPF5 et dix infirmières.
C’est l’une des plus belles batailles de la Résistance.
Le commandant Perny fit exécuter un membre de la Gestapo du Puy et en remit trois autres au capitaine Marey pour qu’ils subissent le même sort6.
Le jeune Jacques Perny, âgé de 15 ans et armé d’une mitraillette Thompson presque aussi grande que lui, accompagna son père. C’est lui qui gardait les prisonniers avant qu’ils ne soient confiés â la gendarmerie.
La question que l’on peut se poser à propos de ce combat est la suivante : une manoeuvre aussi hardie ne peut réussir qu’avec une troupe bien entraînée. Sachant qu’une troupe ne vaut que ce que vaut son encadrement, et que celui-ci n’était composé que d’anciens gardes de l’escadron, comment cette victoire fut-elle possible ?.
Il est dommage que le rôle de la gendarmerie et de la garde n’ait pas été mieux souligné.
La gendarmerie ne participera ni à la prise d’armes de Saint-Bonnet-le-Château, ni à celle de Saint-Etienne. Et pourtant furent cités les gendarmes Archer, Pierre Farnet, Marmie de la Brigade de Saint-Bonnet, Marcel Paulet de la brigade d’Andrézieux ainsi que le lieutenant Sanvoisin, blessé au cours de l’engagement.

Epilogue
Le lieutenant Sanvoisin fut chargé en septembre 1944 de reprendre en main la compagnie de la Loire dont la direction fut assurée provisoirement par le capitaine Caussade. Le chef d’escadron Béchet partit en août 1944, il quitta la gendarmerie. Après les combats de Lyon. les gendarmes durent regagner leurs brigades. Vingt-neuf gendarmes furent poursuivis sur les quarante trois dossiers initiés. D’autres furent mutés dans d’autres unités. Le maréchal des logis Faure fut nommé à Saint-Héand avant de terminer sa carrière comme adjudant-chef à Saint- Galmier. Grâce au CDM, les gendarmes prirent une part importante à la Résistance de la Loire et ce ,dans l’ensemble, pour reprendre les termes du général Sanvoisin, en faisant preuve de lenteurs calculées, de carence et de laxisme dans l’exercice de leur fonction, les gendarmes réussirent à atténuer les rigueurs de la situation, ce qui valut à certains des sanctions pour avoir laissé s’enfuir des prisonniers et des aviateurs alliés (ce qui a permis à ceux-ci d’écrire après la guerre, en toute bonne foi, qu’ils ont bien berné les gendarmes).
La gendarmerie eut trois morts (dont un en déportation) et deux déportés revenus, ils furent tous deux décorés de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre.


1 Archives de la gendarmerie de la Loire 42 E 25-27. (CDM : Camouflage De Matériel)

2 Archives de la déportation de Caen.

3 Groupes Mobiles d’Opérations, unités à mi-chemin entre la compagnie et la section.

4 Il porte, nous dit le témoignage allemand, les galons de capitaine, il se nommera ensuite commandant.

5 Parti Populaire Français de Doriot.

6 Il est donc inexact d’imputer toutes les exécutions au capitaine Marey, témoignage du commandant Perny. (Archives de ORA).