BD, Tome V, Poire à poudre et bassin de pierre provenant de Roche près Montbrison. – Chapiteau provenant de Saint-Martin de la Celle. – Communications de M. Beauverie., pages 323 à 329, La Diana, 1890.

 

Poire à poudre et bassin de pierre provenant de Roche près Montbrison. – Chapiteau provenant de Saint-Martin de la Celle. – Communications de M. Beauverie.

 

M. Thiollier présente de la part de M. Beauverie les dessins, au nombre de cinq, d’objets par lui acquis en Forez pendant ses excursions artistiques. Trois reproduisent une poire à poudre en corne de cerf trouvée à Roche près Montbrison et qui paraît dater de la fin du XVIe siècle. Elle est ornée de figures et de rinceaux exécutés par un procédé mixte, les grands contours étant gravés à1a pointe, puis noircis, et les détails tracés à la plume avec une encre d’un ton rougeâtre, comme sont encore décorées aujourd’hui certaines tabatières d’os ou de corne fabriquées à Thiers.

Le quatrième dessin est celui d’une conque en pierre, d’un diamètre de 0m 85 sur 0m 30 de hauteur, reposant sur quatre colonnes cylindriques prises dans le même bloc. Le bassin, peu profond et de forme conique très évasée, est percé au centre d’un trou d’écoulement. Les bords portent des traces descellement accusant l’existence d’un couvercle. L’extérieur est décoré de feuillages d’une bonne exécution.

Ce petit monument a été trouvé au bourg de Roche dans la cave d’une maison, où il était dès l’époque de la construction de celle-ci, car il a fallu pour l’emporter démolir une partie du plancher supérieur, la porte étant trop étroite pour lui livrer passage.

D’après la tradition locale, ce serait un ancien saloir pour la viande, provenant d’un vieux château qui aurait occupé l’emplacement de la maison dont il s’agit et se serait étendu jusque sur celui de l’église actuelle.

Quel crédit mérite cette tradition ? Ne pourrait-on reconnaître avec plus de fondement, dans la vasque dessinée par M. Beauverie, des fonts baptismaux ou le bassin d’une fontaine ?

Le dernier dessin représente un chapiteau roman dérivé du chapiteau corinthien et portant sur son tailloir, dont les faces vues offrent une concavité très prononcée, deux tètes humaines alternant avec une tête de taureau et une de lion (1).

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(1) On serait tenté de croire que ces quatre têtes représentent les quatre évangélistes, mais la figure de l’aigle manque ; nous ignorons si elle est quelquefois remplacée par celle d’un homme

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Ce chapiteau, haut de 0m 30 sur 0m 40 de largeur au tailloir, aurait été trouvé à proximité de l’ancienne église de Saint-Martin de la Celle, commune de Clepé, église qui sauf quelques informes pans de murs a disparu ainsi que le bourg qui l’entourait. De vieilles gens prétendent qu’il servait de support à un bénitier. Quelle qu’ait été sa destination primitive, différente probablement de celle qu’on lui assigne et qu’il a pu avoir néanmoins à une époque relativement moderne, ce morceau de sculpture est précieux, car il permet de faire remonter à une date assez reculée l’édifice auquel il a appartenu. Le monastère de Saint-Martin de la Celle est nommé dans un diplôme de Conrad-le-Pacifique, de l’an 971 (1), et le style de notre chapiteau, encore tout imprégné des traditions de l’art antique, laisserait supposer sans trop d’invraisemblance qu’il est une oeuvre du Xe siècle.

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(1) Le Laboureur, Mazures de Cule-Barbe, 2e édition, p. 64.