Les Fils de la navette explore l’âge d’or de la rubanerie stéphanoise, une industrie qui reposait non pas sur de vastes usines, mais sur un système de « Fabrique » décentralisé.
Au cœur de ce dispositif se trouve le passementier, un ouvrier hautement qualifié, souvent propriétaire de son outil de travail, qui tisse la soie à domicile. Gérard Thermeau décrit une véritable élite ouvrière, cultivée et jalouse de son indépendance, loin du cliché du prolétaire miséreux et asservi à la machine.
Dans cet ouvrage, Gérard Thermeau analyse comment ce modèle a résisté à la révolution industrielle classique. En adoptant précocement l’électricité pour motoriser leurs métiers, les passementiers ont réussi à prolonger leur autonomie jusque tard dans le XXe siècle.
Dans cette conférence à venir ce jeudi 23 avril 2026 à 19h dans la salle de lecture de la Diana, l’auteur viendra nous expliquer comment cette culture du travail a forgé l’identité politique de la région, marquée par le mutuellisme et un républicanisme fier, faisant de Saint-Étienne un laboratoire social unique où l’indépendance de l’artisan primait sur la discipline industrielle