
Marguerite Gonon a été la figure scientifique et l’âme de La Diana pendant près de 60 ans, marquant profondément l’histoire de notre société. Entrée en 1938 dans un milieu alors très masculin et aristocratique, cette fille d’instituteur s’est rapidement imposée par son esprit brillant, sa rigueur et son franc-parler légendaire.
Son apport majeur à l’institution reste son travail titanesque sur les Chartes du Forez. En transcrivant et analysant des milliers de textes médiévaux, elle a permis au Forez de devenir l’une des régions de France les mieux documentées sur le Moyen Âge. Ce travail de bénédictin, mené en parallèle de sa brillante carrière de chercheuse au CNRS, a offert à La Diana un rayonnement et une crédibilité scientifique de niveau international. Elle fut également une pionnière en devenant la première femme à occuper un poste clé au sein du bureau, en tant que secrétaire chargée du Bulletin dès 1945.
Au-delà de la savante, Marguerite Gonon incarnait pour les membres de La Diana le lien vivant avec le terroir. Passionnée par le patois forézien et l’histoire des gens ordinaires, ses interventions lors des réunions de la société étaient mémorables. Elle savait captiver son auditoire avec humour et truculence, faisant revivre aussi bien les paysans que les seigneurs de l’époque. En résumé, elle a été la gardienne de la mémoire forézienne, unissant la haute exigence de la recherche à l’amour viscéral de sa région