BD, Tome III, Fouilles dans la chapelle de la Sainte Vierge de l’église Notre-Dame de Montbrison, pages 177 à 180, Montbrison, 1885.

 

Fouilles dans la chapelle de la Sainte Vierge de l’église Notre-Dame de Montbrison

 

M. Joulin dépose sur le bureau le double d’un plan dressé sur la demande de M. le curé de Notre-Dame de Montbrison, par M. Rocbigneux, conducteur des ponts et chaussées, et il donne à ce sujet les explications suivantes :

Notre vénérable collègue, M. l’abbé Peurière, curé-archiprètre de Notre-Dame, s’occupe en ce moment de restaurations dans les chapelle de la Sainte Vierge. Cette chapelle, composée de deux travées, a été mise dans l’état actuel vers 1846 (2). Elle a été formée par l’ouverture d’un arc- doubleau qui a réuni deux chapelles construites en 1481 (3).

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(2) Abbé Renon, Chronique de Notre-Dame d’Espérance, page 434.
(3) Id. pages 152, 153 et 536.

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La travée orientale, ou se trouve l’autel, était la chapelle élevée et dédiée à sainte Catherine par le doyen de la Vernade. La travée occidentale contenait la chapelle de saint Claude, fondée par Jean Manillier, bourgeois de Montbrison.

Cette dernière partie était humide ; avant de procéder à la réfection du pavage, M. le curé a fait enlever la terre du sous-sol pour la remplacer par du gravier et obtenir ainsi un assainissement complet.

Au cours des fouilles nécessitées par ce travail, diverses substructions ont été mises au jour :

1° Au centre de la chapelle, deux fosses murées, baties sans soins en blocage grossier. Leurs dimensions (2m 47 sur 0m 85 et 2m 15 sur 0m 75) portent à croire que les corps inhumés là étaient enfermés dans des bières, et non uniquement dans un linceul comme ont en voit des exemples ailleurs. Ces sépultures avaient été bouleversées antérieurement ; les fosses ne contenaient que des gravois de remblai, mais on a trouvé pèle-méle dans le sol environnant de nombreux ossements humains.

Quels sont les personnages déposés dans ces tombeaux ? A quelle époque ces sépultures ont-elles été violées ? Y a-t-il eu anciennement dans ce lieu des dalles inscrites ? Ont-elles eu le sort des autres inscriptions funéraires de Notre-Dame qui, lors du dallage exécuté en 1836, ont été employées, comme nous l’apprend l’abbé Renon (1), selon leur valeur géométrique ? Je déclare humblement qu’il m’est impossible de répondre à ces questions.

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(1) Chronique de Notre-Dame, p. 401.

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2° Mais le résultat à coup sur le plus important donné par les fouilles dont nous parlons est la découverte d’un massif de maçonnerie polygonal mesurant dans ses plus grandes dimensions 1m 80 de façade sur 2m 15 de saillie, adossé extérieurement au mur primitif de l’église et joignant le contrefort ouest. Cette construction se continuait jusqu’à l’autre contrefort à l’est par un mur de 5 mètres de long sur 0m 75 en moyenne d’épaisseur. Toute cette maçonnerie, dans la partie mise au jour, est bien parementée, avec assises régulières en pierres de taille.

Des nombreuses suppositions nées de cette découverte, j’accepterais volontiers celle émise par M. Vincent Durand. Notre confrère pense que ces substructions ont pu avoir fait partie des fondations d’une chaire extérieure, telle que l’on en voit encore ailleurs, notamment à St-Lo (2).

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(2) Viollet-le-Duc : Dictionnaire d’architecture, p. 412 et 413.

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Les mesures données plus haut militent en faveur de cette opinion ; la longueur de 5 mètres en plan donne facilement pour un escalier une élévation de 3 mètres et la partie à pans coupés représente une plate-forme d’une largeur bien suffisante, mème en la supposant rétrécie par un appui de 0m 25 d’épaisseur.

Je ne chercherai pas plus longtemps la solution de ce nouveau problème. Il y avait, je crois, intéretà le signaler, car par ce fait nous apprenons d’une façon certaine que, en 1481, pour batir la chapelle de saint Claude, on a démoli une construction extérieure paraissant avoir fait corps avec le mur primitif de l’église.

Je propose à la Diana d’adresser des félicitations à M. l’abbé Peurière, qui a eu l’excellente pensée de faite lever le plan de ces substructions, et de remercier M. Rochigneux qui a bien voulu nous en donner une copie.

Cette proposition est votée à l’unanimité.