BD, Tome V, Cloche de l’église de Roche. – Communication de M. Rochigneux., pages 85 à 98, La Diana, 1889.

 

Cloche de l’église de Roche. – Communication de M. Rochigneux.

 

M. Rochigneux fait la communication suivante :

La petite cloche de Clépé, dont M. Durand nous a donné la description dans la précédente séance, n’est point la seule originaire de l’ancien diocèse de Saint-Flour, qui soit venue s’échouer en pays de Forez : elle a une soeur dans le clocher de l’église de Roche.

Voici l’inscription de cette cloche, telle qu’elle nous a été communiquée par MM. les abbés Chomel et Faure, curé et vicaire, et M. Gabriel Griot, fabricien, auquel nous devons de nombreux renseignements sur les édifices et antiquités de la commune :

SANCTE MARTINE (1) ORA PRO NOBIS, L’AN 1780 J’AY ETE BENITTE PAR M. REYMOND, CURE, M. J.-B. BRAYAT, AVOCAT, JUGE ROYAL, PREVOT DE BOISSET, Il M. ALEXIS CHAPELLE, AVOCAT PROTECTEUR, M. LOUIS LAROQUE, NOTAIRE ROYAL, Il M. PIERRE CARRAYS, JURE, ~~ DECHARME, FONDEUR (2).

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(1) Saint Martin se trouve être à la fois le patron de Boisset et de Roche (V. A. Bruel, Pouillé des diocèses de Clernont et de Saint-Flour, page 222. – A. Bernard, Pouillé du diocèse de Lyon, à la suite des Cartulaires de Savigny et d’Ainay, p. 1031. – Ordo du diocèse de Lyon pour 1889, page 187).
(2) Cette cloche donne l’ut majeur et mesure 0m 70 de diamètre sur 0m 60 de hauteur.

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La simple lecture de cette inscription nous ayant donné la certitude qu’elle n’avait point été fondue pour la paroisse de Roche, nous times quelques recherches sommaires qui nous conduisirent à penser qu’elle pouvait provenir de Boisset, canton de Maurs (Cantal) ; toutefois peu convaincu encore, nous eûmes recours aux lumières de M. Vincent Durand pour obtenir un complément d’information. Celui-ci en écrivit immédiatement à notre savant collègue, M. Marcellin Boudet, président du tribunal de Saint-Flour, qui leva toutes nos hésitations en nous donnant des renseignements précis sur chacun des noms de lieu et de personnes cités dans l’inscription.

Pourquoi cette cloche se trouve-t-elle aujourd’hui si loin de son lieu de destination? C’est sans doute par la même cause que celle de Clépé. L’opinion, très plausible d’ailleurs, des personnes qui nous ont transmis la copie de l’inscription, est que cette cloche, échappée par hasard à la fonte, aurait été rachetée à l’Etat par le sieur Décharme, qui l’avait fondue ; celui-ci, moyennant le paiement d’une somme de 776 francs obtenue à l’aide d’une souscription, l’aurait revendue en 1803, date certaine de l’achat, à la fabrique de Roche, qui lui confiait cette année même le soin de refondre une des deux cloches qui meublaient précédemment le clocher de la paroisse.