a) La description du cadre de vie, BD, Tome LXVII, Montbrison, 2008.


           
Constante dans les réponses à cette enquête, les curés s’attachaient à donner une description de leur cadre de vie, et le moins que l’on puisse dire c’est que celui-ci était loin de paraître bucolique. Les pasteurs mettaient en effet en avant les difficiles conditions climatiques et géographiques dans lesquelles s’exerçaient leur ministère.
Le  curé de Chalmazel précisait : je vous prie messieurs d’observer que je suis dans le pays le plus froid et le plus mauvais du diocese que la neige couvre une partie de ma paroisse quelque fois pendant neuf mois de suite que les vents impétueux qui s’échappent de la haute montagne ravagent souvent la récolte meme celle du foin quand il est prêt a ameublir que les mêmes vents surtout en tems d’hiver qui est une saison affreuse pour nous, que les vents dis je derangent et souvent emportent les couverts de nos maisons que les pluyes abondantes et jettées avec force par les orages lavent nos murs au point de les ruiner et que nous sommes obligés de faire recrepir tres souvent quoyque nous soyons obligés de faire près de neuf lieues pour avoir de la chaux que l’on est aussi obligé de la voiturer à dos de mulet, les autres voitures ne peuvent passer par nos chemins je vous prie d observer encore que ma paroisse est coupée en huit endroits par des torrents qui s’échappent de la montagne qui forment deux rivières au bas de la paroisse, que lorsque ces torrents sont grossis par les pluyes ou la fonte des neiges, nous ne pouvons aller au secour des malades si nous n’avons un cheval que d’ailleurs la ville la plus voisine dont nous devons tirer nos provisions est a trois grandes lieües et que les chemins son affreux et que par consequent un cheval est indispensable et qu’ainsi mon benefice qui est de l’aveu de tout le monde le plus modique du voisinage suffit a peine pour faire les depenses auxquelles je suis obligé et je vous avouerai que je suis obligé d’enseigner des écoliers pour avoir de quoy faire.
Le curé de Saint-Bonnet-le-Courreau moins prolixe, attirait cependant l’attention sur le fait que sa paroisse avait la moitié des hameaux éloignés du clocher d’une grande lieue dans un pays couvert de glace et de neige.
A Saint-Georges-en-Couzan dont le territoire est moins élevé en altitude, ce n’est pas la neige mais les orages qui étaient mis en avant par le curé Ville : la paroisse de st george etant situé sur les hautes montagnes qui séparent le Forez de l’auvergne, les murs de clotures des fonds, des bâtiments et les couverts sont exposées a beaucoup de dégradations par la fréquence des orages qui y sont des plus violents .
Le curé de Saint-Just-en-Bas se plaignait des grandes distances à parcourir entre les différents points de sa paroisse  : la paroisse placée à l’extrémité du diocèse et sur les montagne les plus élevées qui séparent la province de foret de celle d’auvergne elle a plus de 6 a 7 lieues de circuis, il faut dans les beaux jours plus de trois heures a cheval pour aller à l’extremité qui touche aux paroisses d’olmet et de noirétable en auvergne, dans les mauvais jours il en faut plus de 4 et 4 et demi, et en autre tems il est impossible d y arriver ny a pied ny a cheval.

 

Il est vrai que cette paroisse fut touchée de façon répétitive par des orages violents et aux dégâts ravageurs, selon les dires des habitants qui adressèrent des requêtes à l’Intendant de Lyon en 1781, 1782 et 1783 (Archives Départementales du Rhône 1 C 54).

Cette paroisse regroupait les territoires des actuelles communes de Jeansagnère et de Saint-Just-en-Bas. Depuis les confins de l’Auvergne jusqu’aux limites de la paroisse de Palogneux, la paroisse de Saint-Just-en-Bas s’étendait sur environ 11 kilomètres de long.